Wohl lieber: "Nein" als "Jawohl"

Warum wollte es vorher keiner wahr-haben-wollen: dass in Frankreich mehrheitlich mit "Nein" abgestimmt werden wird. Und das mit einer ausserordentlich hohen Wahlbeteiligung.

Während in Deutschland der "Ehrgeiz" der Volksvertreter allenfalls noch darin gelegen haben mag, auch im Bunderat ohne Gegenstimmen samt und sonders einverstanden zu sein - was dann misslang - geizte in Frankreich das Volk nicht mit seiner eigenen Meinung: pro wie kontra, noch die Regierenden, bestrebt diese Position nachhaltig durchzusetzen, gegen jeden Nein-Sager und auch die Leute im eigenen Lager, den eigenen Premier gleich inklusive...

Doch all diesen Bemühungen zum Trotz, den "Contras" Kontra zu geben, sich internationaler Unterstützung zu versichern - die aus Sicht vieler Franzosen auf sie eher kontraproduktiv gewirkt hat - und auf die katastrophalen Folgen zu verweisen, so ist die Mehrheit jener, die ihre Stimme zum Ausdruck gebracht haben, der Mehrheit der "white colar workers" nicht gefolgt. Klassenkampf? Nein. Aber eine Klassengesellschaft. An diesem Tag: Ja!

Aufgrund diese Entwicklung und der ebenfalls schon prognostizierten Folgen - ein alsbald nachfolgendes "Nein" der Niederländer und eine so totale Ablehung im Vereinigten Königreich, dass man dort am liebsten die Abstimmung überhaupt vom Tisch haben möchte [1] ist klar: dass die nächsten Beitrittsländer nicht schon 2007 mit dabei sein werden und die Türkei erst recht vorerst wird draussen bleiben müssen, selbst wenn die "Verhandlungen" doch noch in diesem Jahre aufgenommen werden sollten.

Das einzige Rezept, dass keiner der politisch Verantwortlichen vorzuschlagen sich getraut hatte, wäre gewesen: in allen Ländern zur gleichen Zeit abstimmen zu lassen. An einem und dem selben Tag. "Lieber ein Ende mit Schrecken als ein Schrecken ohne Ende", so die Einen, die das Glas lieber halb leer sehen, nur die Koninzidenz der Abstimmung, so die Positivisten, hätte dafür sorgen können, dass jeder in jedem bei sich zuhause hätte verstehen können, dass er nicht für oder gegen die Befindlichkeiten in seinem Lande abstimmt sondern vor allem für diejenigen in all den auf Gedeih und Verderb damit verbundenen Ländern.

Aus den vielen vor der Wahl verfassten Beiträgen soll hier jener verbleiben, der [ausgerechnet am Ostersonntag] am 27. März im Sender
RCJ - La Radio de la Communauté Juive ausgestrahlt und hier in Deutschland wohl so gut wie gar nicht wahrgenommen wurde. [2]

Er verweist darauf, dass es immer wieder die zunächst technokratischen Komponenten waren, die den Fortschritt der europäischen Gemeinschaft vorangebracht haben, von der Schwerindustrie-Allianz bis hin zur schwergewichtigen Allianz der Finanzgewaltigen. Und er zeigt Verständnis für die Ablehung eines Vetragswerkes, nach dessen Annahme - ja: trotz dessen Annahme - eine Entscheidung wie die über die Aufnahme der Türkei nach wie vor nicht den Völkern, sondern den "Bürokraten in Brüssel" überlassen werden würde. Ob das allerdings wirklich eine hinreichende Begründung zur Ablehnung des Vertrages wäre, lässt dieser Beitrag offen.

Schade eigentlich (und "typisch französisch"?), dass diese "Antwort" auf die mit einer so klaren Frage erweckte Neugier auf so sibyllinische Weise in einem Beitrag wie diesem verhüllt beleibt. "Damit"- so hiess es in dieser Publikation zuvor - "Damit wird es aber am Abend des 29. Mai vorbei sein. Denn so unentschieden, nachdenklich, zweifelnd jede(r) Einzelne bis zu diesem Tage auch geblieben sein mag, die französische Volks-Stimme wird am Abend dieses Tages eindeutig sein: zumindest in Prozent-Punkten." Quot erat demonstrandum.

WS.

L’EUROPE, OUI OU NON ?

Oui ou non ? Faut-il ratifier la constitution européenne, soumise à référendum le 29 mai prochain ?
Faut-il la rejeter ? Le 18 mars, le quotidien Le Parisien publiait pour la première fois un sondage où le non l’emportait, par 51 % contre 49. Trois jours plus tard, un autre sondage, dans Le Figaro, confirmait la tendance : 52 % de non. Un véritable bond en avant, par rapport aux chiffres précédents :
35 % seulement pour le non en janvier, 41 % début mars. Le président de la République, Jacques Chirac, a voulu y voir une crise passagère, due à la controverse sur la directive Bolkenstein, qui entend imposer la liberté des services au sein de l’Union européenne. Il a donc tenté de calmer le jeu en arrachant à la commission de Bruxelles le retrait ou du moins le report de ce texte. Nous saurons bientôt ce que vaut ce calcul. De nombreux experts estiment, pour leur part, qu’il existe dans le pays une tendance de fond contre le projet de constitution. Selon eux, le non ne monterait pas, il dévoilerait peu à peu sa puissance réelle ; les partisans du refus auraient toujours été majoritaires ; mais désormais, ils n’hésiteraient plus à dire ouvertement ce qu’ils pensent.

L’unité européenne est une vieille idée, qui remonte au moins au XVIIIe siècle. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, elle s’impose comme une sorte de nécessité. Le Vieux Continent est exsangue, ruiné, à demi-détruit. Aucune nation ne peut se relever toute seule : pas même la Grande-Bretagne, qui s’est couverte de gloire en tenant tête à Hitler, qui dispose encore d’un Empire rebaptisé Commonwealth et qui passe pour être encore pour être l’une des Trois Grandes Puissances mondiales, aux côtés des Etats-Unis et de l’Union soviétique. La seule issue, c’est de mettre en commun les ressources et de constituer un marché commun. Les Etats-Unis poussent dans cette voie, à travers le plan Marshall.

L’Europe bute pourtant sur un obstacle. Elle ne peut exister sans l’Allemagne. Mais on ne peut réadmettre l’Allemagne, quelques années à peine après la chute de Hitler, dans une famille fondée sur l’égalité des partenaires et la confiance réciproque. Quelques milieux y sont prêts, notamment les chrétiens, tant catholiques que protestants. Dans leur majorité, les opinions publiques s’y refusent. C’est le banquier français Jean Monnet qui trouve la solution : mettre la technique avant la politique, habituer les Européens à travailler ensemble, et les amener ensuite seulement à organiser leur unité politique. Cette approche prévaut. En 1951, on crée la Communauté européenne du Charbon et de l’Acier (CECA). En 1957, cette première expérience débouche sur le Traité de Rome, qui institue un Marché commun. L’Europe sera technocratique ou ne sera pas.

Cette première Europe est un succès. Moins par elle-même que dans le cadre de la prospérité générale qui règne, pendant près d’un demi-siècle, dans le monde libre, c’est-à-dire une vaste zone protégée et régulée par les Etats-Unis. Sa croissance, des années 1950 aux années 1980, est spectaculaire. Mais celle des Etats-Unis eux-mêmes, du Japon, puis des nouvelles nations industielles d’Extrême-Orient, Taïwan, Corée, Singapour, etc., ne l’est pas moins.

La chute du rideau de fer, en 1989, relance le thème d’une unité politique de l’Europe. Avec les traités de Maastricht, d’Amsterdam et de Nice, signés dans les années 1990, le Marché Commun se transforme en Union européenne. Ultime phase du rêve de Jean Monnet ? Pas vraiment. La nouvelle Europe politique reste une Europe technocratique. Il y a bien un parlement européen, élu par tous les citoyens de l’Union, mais il n’a aucun pouvoir. Ce n’est pas le parlement qui a mis l’euro dans nos poches, mais la commission de Bruxelles. Ce n’est pas le parlement qui énonce ces directives qui ont désormais le pas sur les lois nationales, mais la commission. Ce n’est pas le peuple européen, à travers le parlement ou d’autres instances réellement représentatives, qui décide de l’admission de la Turquie, mais la commission. Ce n’est pas le peuple européen qui décide de la politique étrangère commune, notamment sur la question du Moyen-Orient, mais un " secrétaire " désigné par la technostructure.
Et le projet de constitution concocté sous la houlette de Valéry Giscard d’Estaing, à huis clos, en dehors de tout débat citoyen, ne changerait pas presque rien à cette situation, s’il était ratifié.

En d’autres termes, l’unité politique, qui aurait dû assurer le triomphe de la démocratie en Europe, entraîne au contraire son extinction. Or la démocratie est une chose sérieuse. En offrant à chaque citoyen la possibilité de s’exprimer et surtout de peser sur le processus politique en votant, on le dissuade de recourir à la violence ou de se tourner vers des idéologies extrémistes. En lui retirant cette possibilité, on encourage au contraire la violence ou l’extrémisme. La montée actuelle du non en France traduit bien cette dérive. Ceux qui refusent aujourd’hui la constitution européenne sont révoltés par la dépossession politique qui leur a été imposée, ou bien, pire encore, tellement humiliés par cette dépossession qu’ils embrassent les délires de l’extrême droite ou de l’extrême gauche.

Chacun le sait : le seul argument en faveur du oui, à l’heure actuelle, ce serait de ne pas mêler sa voix à celles du Front national, des trotskystes, des Verts, de tel ou tel autre souverainiste, de l’aile gauche du PS. Il n’est pas négligeable. Mais il convainc de moins en moins. La politique a besoin de clarté. La démocratie a besoin de transparence. On ne vote oui massivement que si l’on sait pourquoi.

© Michel Gurfinkiel, 2005.


Hier noch einmal im Überblick [3] eine Zusammenstellung von Links, in denen einige der exemplarisch wichtigen Positionen des PRO "oui" und CONTRA "non" vorgetragen werden:

non
oui

[1Nachtrag vom Dienstag, den 31. Mai: zwei Tage danach ist in Frankreich Jean-Pierre Raffarin bereits demissioniert und Dominique de Villepin zu seinem Nachfolger berufen worden. In England dagen, so die Meinungsforscher, seien seit dem "Non" nunmehr 9 von 10 [neun von zehn - sic!] der Befragten gegen die Verfassung eingestellt

[2Dass der Zugang zu solcher Sendung über das world-wide-web nun möglich gemacht wird, ist auch nur die halbe Wahrheit.
Wenn der Text dieser Sendung hier nachfolgend nicht wiedergegeben worden wäre, könnte sie heute weder nach-gehört nach nach-gelesen werden.
Das Angebot "Ré-écouter nos émissions" verweist zwar auf einen Themen-/Autoren-liste, aber wenn man die Archiv-Seite "Billet hebdomadaire de Michel Gurfinkiel" aufruft war - zumindest am 5. August 2005 die Antwort: "0". Und das, obwohl an dem späten Nachmittag dieses Freitags noch keiner der drei Abendsterne aufgegangen war...

Als Addendum ausserdem ein Artikel von Kevin Anderson von der BBC News website , die am 2. Juni nochmals auf das Beispiel des "Don Quichotte du non" verweist und seinen Artikel mit den folgenden Zeilen eröffnet:

Mr Chouard did not much care for the EU Constitution, but instead of simply voicing his upset to his neighbours, he wrote an essay and set up a blog to explain why he was voting ’Non’.

Just ahead of the vote, his blog was getting 25,000 hits a day and his anti-constitution broadside had been photocopied, faxed and blogged about across France.